Compte-rendu de la 3ème réunion des
adhérents de l’ANC
Paris-Ile-de-France
Paris, Hôpital Broussais, le 9 mars 2003
Nous avons
inauguré un nouveau concept de réunion, imaginé par Richard QUICHAUD, Gérard
FAVIER, Julie PAULY et Florence RISSER.
La convocation
pour cette réunion a été envoyée tardivement et nous nous en excusons auprès
de ceux qui n’ont pas pu être présents. La salle que nous occupons lors nos
réunions est mise à notre disposition par l’Alliance des Maladies Rares
(AMR), qui comprend un grand nombre d’associations qui souhaitent, comme nous,
se rencontrer. Il ne restait que ce dimanche 9 mars et le samedi 12 avril pour
ce premier trimestre. Dans le souci de conserver une certaine fréquence dans
nos réunions et permettre à ceux qui le pouvaient de se réunir, nous avons préféré
choisir cette première date. Merci beaucoup à Gérard qui, par ses relations
privilégiées avec l’AMR, a réussi à nous avoir cette salle si rapidement.
La prochaine réunion
aura lieu le samedi 12 avril de 14 à 18h. Nous attendons une réponse du
Docteur ARNULF. Elle devrait intervenir dans cette réunion et aborderait le thème suivant
: « la narcolepsie-cataplexie et l’hypersomnie par rapport au
comportement alimentaire ». Ceci vous sera confirmé sur la convocation à
la prochaine réunion. Si elle ne pouvait pas y participer, sa venue serait
remise à une date ultérieure. Nous aviserons alors d’un nouvel ordre du
jour.
Cette 3ème
réunion, animée par Florence, a commencé par l’intervention de 2 adhérents,
Julie et Richard, évoquant les forces et connaissances qu’ils ont acquises à
travers le vécu de leur maladie, suivie de questions-réponses à ces
intervenants. Après une pause-café, Gérard a abordé l’actualité de l’ANC
et d’autres généralités. 40 personnes étaient présentes. Nous
remercions celles qui ont eu la gentillesse d’appeler Gérard pour confirmer
leur venue. Ceci permet de prendre une salle en conséquence et de la préparer
à l’avance. Merci donc de continuer à confirmer votre venue.
1.
Intervention de Julie PAULY : « La narcolepsie dans mes études »
Je prie Julie de me pardonner pour ne
retranscrire qu’une partie de son intervention.
Loupant régulièrement
une partie des cours, elle passait ses heures de sport, pour lesquelles elle était
dispensée, à recopier ce qu’elle avait manqué. Ce temps lui a très vite été
insuffisant, et elle ne compte plus la somme d’argent dépensée dans les
photocopies. Ses professeurs ne disaient rien en la voyant s’endormir, mais
elle voyait bien qu’ils n’en pensaient pas moins.
Quand elle a su
qu’elle était atteinte de narcolepsie en fin de seconde, elle n’avait plus
le niveau pour passer en 1ère. Elle s’est donc dirigée vers un
BEP couture, parce que ça lui plaisait et parce qu’il s’agissait d’un
travail manuel stimulant. A cette époque, ses professeurs sont au courant de sa
maladie mais elle cherche encore la posologie en Modiodal idéale.
Après son BEP,
elle a continué sur un BTS Styliste, sans prévenir personne en 1ère
année. Mais face à la charge de travail qui l’attendait en 2ème
année, elle a du s’y résoudre. Pendant les cours, il lui est arrivé de
noter ce qui lui passait par la tête au lieu du cours. Et pour rattraper les
parties de cours non suivies, elle s’est mise petit à petit à ne plus avoir
de sorties.
De ce résumé
d’histoire, voici quelques points à retenir :
·
Passer au crayon à papier quand on sent
un accès de narcolepsie arriver ; le cours paraît ainsi moins brouillon
et permet de récupérer juste la partie manquante.
·
Eviter de lutter contre ces accès, car
plus on lutte, plus la période d’inattention dure longtemps.
·
Apprendre à se connaître soi-même,
c’est-à-dire :
Ä
connaître le travail qui nous plaît et
qui nous stimule ; il ne doit surtout pas nous paraître rébarbatif.
Ä
connaître au mieux notre rythme
veille/sommeil, pour gérer ses horaires de travail, et plus généralement ses
horaires d’efficacité.
Ä
-connaître son besoin en Modiodal et
autres médicaments. Il n’existe effectivement pas de règles en ce qui
concerne la posologie. Il faut faire en fonction de soi et parfois des activités
de la journée.
·
Chercher à bénéficier du tiers-temps,
mis en place différemment dans chaque établissement.
·
Conserver de bons amis autour de soi pour
pouvoir emprunter leurs cours.
·
Prévenir l’établissement et les
professeurs une fois pour toutes en début d’année pour les avertir et leur
proposer des documents à consulter si ils veulent en savoir plus.
A
la question sur l’intervention chirurgicale dont le narcoleptique mettrait
plus de temps à se remettre qu’une personne « normale », Julie répond
qu’elle ne pense pas qu’il y ait cause à effet ! Par contre, pour décrire
ses crises d’endormissement à un non-malade, elle les comparerait à la lutte contre le sommeil d’une personne au
réveil suivant une anesthésie générale.
Pour augmenter
la détection précoce de la maladie en milieu scolaire, il a été proposé
d’informer les infirmières des collèges/lycées. Les bénévoles de l’ANC
peuvent y organiser des réunions pour sensibiliser le personnel éducatif. Une
cassette vidéo de 15-20 minutes de l’ANC pouvant servir de support est
disponible à cet effet, ainsi que prochainement une nouvelle plaquette spécifique
à la sensibilisation du personnel éducatif en milieu scolaire.
2.
Intervention de Richard QUICHAUD : « La cataplexie de la joie et de
la colère contenue »
Je prie également
Richard de me pardonner pour ne retranscrire qu’une partie de son
intervention.
La joie peut être
dangereuse : il lui est arrivé d’avoir un fou rire en pleine rue, couplé
à un accès de cataplexie. Ca a amusé les copains mais ce sont les voitures
qui ont dû éviter son corps amorphe
allongé par terre… Le fait de rester conscient, en permanence, d’être en
plein milieu du flot de la circulation, ainsi que la panique associée, ne
facilitent pas la récupération. D’ailleurs, ce cercle vicieux a bien failli
une fois le mener directement à l’hôpital : pendant environ 5 heures,
à la suite d’un accident de la circulation, il a enchaîné crise sur crise :
si le manque de tonus musculaire a marqué en totalité ces 5 heures, il y avait
cependant quelques pics dans l’intensité, vécus par une paralysie, liée à
une grande douleur, des muscles de la cage thoracique, menant Richard vers
l’asphyxie. Un ami présent l’a assis, pensant bien faire ; mais la tête
et le tronc, sans tonus, sont tombés
vers l’avant l’empêchant, tout autant, de respirer…
Si la
cataplexie ne l’atteint pas pour les grosses colères, elle lui pose cependant
problème pour les colères contenues, quand il s’agit de réprimander un
enfant, de s’opposer fermement, alors que le sentiment d’injustice ou de colère
monte à l’intérieur, face à la mauvaise foi d’un tiers … Une retenue de
la colère entraîne la cataplexie, et le contrôle de la cataplexie élimine la
colère, mais coupe toute implication dans le rapport à autrui. Difficile donc
d’exprimer sa colère…
La cataplexie
l’empêche également souvent de faire les choses en totalité. Elle lui fait
louper des morceaux de discussion lors des dîners, le mot drôle est massacré
et inintelligible pour cause de faiblesse de la mâchoire,... La crainte
d’avoir un accès de cataplexie lui a fait se retirer de la relation à
l’autre pendant un temps. Ceci afin de couper avec la peur de voir arriver un
accès de cataplexie et donc ainsi de rester « maître » en
situation ; cela lui a fait prendre un certain recul, pensant qu’il
n’arriverait pas à gérer certaines situations
relationnelles (en tête à tête ou bien en groupe) lui fait éviter de
porter un bébé, tant cet événement est générateur d’émotion pour lui ;
et a, également, anéanti un de
ses grands rêves : faire du trapèze volant,…
Qu’est-ce que
les autres voient de nous dans ces moments-là ? Que pensent-ils ?
Suite à l’intervention de Mario, narcoleptique, durant l’émission « Ca
se discute » de Jean-Luc Delarue, un des amis de Richard lui fait la
remarque : « Mais t’as pas ça, toi ?! ». Curieuse
remarque de la part d’un « proche » qui est au courant du fait que
Richard est narco-cataplexique et qui a été témoin de nombreuses fois d’accès
de narcolepsie ET de cataplexie, mais qui malgré tout, ne semble toujours pas identifier ce que c’est réellement.
Il ne peut pas comprendre ce que Richard vit tant qu’il n’a pas vécu 24h
avec lui, en partageant ces épisodes particuliers Il est également difficile
d’expliquer aux médecins en quoi cette maladie est un handicap. Il fait la
comparaison de ce handicap avec celui des paraplégiques : tant qu’ils
sont chez eux, où tout est conçu et organisé pour leur vie quotidienne, ils
vivent aisément. Les difficultés arrivent dès qu’ils sortent de chez eux et
qu’ils sont confrontés à un environnement « normal ». Il faut être
conscient qu’on a un rythme à nous, avec des aménagements horaires en
fonction de ce rythme. Mais dès qu’on en sort, on rompt nos habitudes et on
se met en situation de « danger ».
De ce résumé
d’histoire, voici quelques points à retenir :
·
Connaître
et faire connaître à ses proches sa position optimale de récupération en cas
de crise.
·
Ne
pas chercher à s’isoler par honte de son corps que l’on ne maîtrise pas,
mais s’entourer de gens compréhensifs, avec lesquels on peut discuter et
expliquer, sans pour autant être materné. Il est question, ici, de pouvoir
vivre en sécurité avec les autres, au milieu des autres et de partage.
·
Eviter
dans une certaine mesure les situations entraînant les accès de cataplexie,
pour autant qu’on les ait identifiées et qu’on puisse les éviter. Il est
question, ici, de pouvoir vivre en sécurité avec les autres, au milieu des
autres et de partage.
3.
Pause-café
Désolée pour
le premier café qui était quelque peu « concentré »…
4.
Intervention de Gérard FAVIER : « Les actualités de l’ANC et généralités »
Ø
La
prochaine Assemblée Générale de l’ANC aura lieu le samedi 17 mai 2003 à
Strasbourg. Il serait possible de prévoir un bus aller-retour Paris/Strasbourg
si le nombre d’adhérents d’Ile de France qui souhaitent y participer est
suffisamment important.
Ø
Le
vendredi 21 mars 2003, de 9h à 18h, a lieu la Journée du Sommeil partout en
France (dans les centres du sommeil). L’ANC a été sollicitée pour tenir une
permanence à l’hôpital Robert Debré. Il faudrait réaliser à cet effet un
poster de présentation de la maladie et de l’association, et organiser un
roulement toutes les 2-3 heures des personnes au stand. Tous les bénévoles
disponibles et motivés peuvent faire savoir à Gérard si il seront là pour
tenir une permanence.
Ø
L’ANC
compte 316 adhérents (pour l’année 2002). Ce nombre est en augmentation, ce
qui est bien pour commencer à constituer le dossier de Reconnaissance d’Utilité
Publique de l’association. Il rappelle que l’ANC est une association de
patients, alors que Sommeil et Santé est une association tournée vers les
professionnels.
Ø
Le
laboratoire Cephalon France renouvellera en 2003 sa subvention de l’ANC à
l’identique de 2001. Il s’agit de la principale source de financement de
l’association. Aucune subvention n’a été perçue en 2002 pour cause de
restructuration des laboratoires à la suite à leur fusion.
Ø
Le
prochain Week-End Jeunes (WEJ) aura lieu du 7 au 11 juillet 2003 à Dullin en
Savoie. L’hébergement se fera en gîte de 6 personnes. Les médecins
neurologues de la région ont été invités à nous rendre visite à cette
occasion, de même que les adhérents de la région. Le WEJ est ouvert aux adhérents
de 15 à 30 ans, mais ces limites d’âge ne sont absolument pas strictes.
L’antenne Ile de France de l’ANC
vient de se créer mais ne dispose pas encore de locaux à cet effet. Cependant,
«cette antenne est une des plus active s de l’ANC », de part la
motivation des adhérents de la région (et de la facilité de transport pour se
réunir, on l’admet…).
Ø
Le
calendrier des réunions 2003 n’a pas été établi par manque de réponse des
professionnels contactés. A la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM), 10
personnes ont été contactées pour intervenir sur les problèmes rencontrés
dans l’établissement des dossiers d’invalidité de la Sécu. Pas de réponses
à ce jour, mais on conservera le rythme de 2 réunions par trimestre.
Beaucoup de
questions et remarques lors de cette réunion ont tourné autour de la
constitution des dossiers d’invalidité de la Sécurité Sociale, et de la
Cotorep, organisme indépendant. La Sécu reconnaît le statut d’handicapé
civil, la Cotorep celui de travailleur handicapé. Dans les deux cas, les démarches
sont longues et laborieuses. Armez de beaucoup de ténacité mais rien n’est
impossible !
Ø
La
formation Ecoute et Soutien, par l’AMR à l’attention des correspondants
locaux d’associations, a été suivie par Agnès MAREE et Florence RISSER fin
octobre 2002, et peut faire l’objet d’une intervention si vous le souhaitez.
Ø
Beaucoup
de parents d’adolescents malades nous rendent visite, alors que les
adolescents eux-mêmes, si ils n’y sont pas forcés, ne souhaitent pas venir
aux réunions. Est-ce la gêne de reconnaître leur maladie, la crainte
d’apprendre que ça ne s’arrange pas avec le temps ? Nous les
encourageons à participer au WEJ, qui permet aux jeunes de développer leur
faculté d’écoute, de partage et de communication, et de se rencontrer dans
une ambiance sympa sans gênes.
Ø
Nous
avions déjà évoqué lors de la dernière réunion, l’idée d’organiser
une balade en forêt. Si quelqu’un connaît un endroit agréable en périphérie
de Paris, voire serait prêt à l’organiser, qu’il se manifeste ! La
pause midi peut se faire en auberge, à réserver, ou avec casse-croûte
personnel. Un des buts de l’ANC est de favoriser au maximum la rencontre
en-dehors des réunions de personnes se trouvant une affinité. Ceci est bénéfique
parce que l’on se fait des amis supplémentaires et que cela permet de
partager des choses comprises de part et d’autre.
Ø
Pour
ceux qui s’y connaissent en informatique et qui ont envie d’améliorer le
site, ils peuvent avec plaisir proposer leur aide. Les frais de transport pour
aller en Ardèche rencontrer Marie et Monique, afin d’améliorer le site, leur
seront remboursés sur présentation d’un justificatif.
Ø
L’idée
a été émise de réaliser un trombinoscope pour regrouper la tête des membres
du Conseil d’Administration et des participants aux réunions. Notre présidente
et certains membres ne sont pas connus de tous.
Ø
Richard
rajoute qu’il serait intéressant pour les parents de créer une sorte de
jumelage entre les différentes régions pour faire passer une partie des
vacances de leur enfant dans une famille d’une autre région, puis accueillir
à leur tour un enfant d’une autre région.
Ø
Les
nouveaux bénévoles sont les bienvenus pour s’investir ou participer aux différents
projets au sein de l’association, dans la mesure où ils proposent un
investissement régulier et fiable.
Ø
Nous
regrettons enfin de ne pas avoir pu répondre aux questions médicales posées,
mais nous ne sommes pas médecins et l’association propose essentiellement un
soutien aux malades et à leur entourage. Nous ne disposons que des informations
médicales qui nous sont transmises, bien moins que ce dont dispose les spécialistes
du sommeil. L’ANC se veut d’agir en complémentarité des médecins. Nous
devons respecter le travail de chacun, car c’est ainsi que nous pourrons
travailler main dans la main, avec la confiance.
A bientôt
Florence RISSER