Compte-rendu
de la 2ème réunion 2003 des adhérents
Organisation et composition
du sommeil de l’adulte
Créteil, Hôpital Henri Mondor, le 12 avril 2003
L’ANC prend un nouvel essor ! Le Docteur Xavier DROUOT, neurologue
spécialiste des troubles du sommeil à l’hôpital Henri Mondor à Créteil, a
eu la gentillesse de consacrer une partie de son week-end pour rencontrer les
adhérents de l’ANC. Il a préparé, avec l’aide de ses collègues, un exposé
sur les mécanismes du sommeil, qu’il nous a présenté sur support
PowerPoint. Gérard FAVIER, vice-président de l’ANC, a mené cette réunion
avec succès, dont voici le compte-rendu.
Dans un premier temps, Gérard nous a présenté le médecin, l’a
remercié d’avoir accepté d’intervenir dans notre association et nous a
rappelé le déroulement de la réunion :
Ø
Intervention du Docteur Drouot
Ø
Questions/Réponses sur le thème abordé par le docteur
Ø
Informations générales sur l’association et ses activités.
Il précise que le médecin ne
va donner que des informations générales, alors que nous vivons tous la
narcolepsie, la cataplexie ou l’hypersomnie de manière différente. Il prévient
qu’il ne s’agit pas d’essayer de faire sa consultation personnelle. Le
docteur Drouot est ici pour nous expliquer ce qui compose le sommeil, et quels
en sont les troubles.
Le docteur Drouot nous présente son travail, précisant que celui-ci a
été préparé en équipe avec les Docteurs M-P. D’Ortho, F. Goldenberg, M.
Herman, D. Teszner, C. Delclaux, F. Zerah et du Professeur A. Harf. Cette présentation
vise à nous permettre de connaître le sommeil pour pouvoir comprendre et gérer
au mieux les anomalies. Son exposé est constitué de 4 parties :
1. Les rôles du sommeil
2. L’organisation de
l’alternance veille/sommeil au niveau du cerveau
3. La composition d’une nuit
de sommeil
4. Les anomalies du sommeil
nocturne et du cycle veille/sommeil
1. Rôles du sommeil
Ces rôles sont encore très
mystérieux. On suppose que le sommeil possède une fonction
restauratrice, de part différentes études effectuées sur des
sujets sains, sur des sujets au sommeil anormal, sur des individus en privation
de sommeil,…
Mais cette
restauration concerne-t-elle l’organisme entier, ou seulement le cerveau ?
La division cellulaire, la cicatrisation, la production de certaines protéines,…
sont activées durant le sommeil et tendent à faire penser qu’il s’agit
d’une restauration complète. Mais n’ayant pas d’effet sur d’autres
cellules ou d’autres organes comme la peau par exemple, on peut davantage
penser à une restauration cérébrale.
D’ailleurs, un individu en privation de sommeil
est sujet aux troubles du langage (parole, compréhension, idées), aux
hallucinations, aux angoisses,… Le record établi par un étudiant américain,
et à ce jour inégalé, est de 11 jours sans dormir.
On peut
encore attribuer d’autres rôles au sommeil comme :
Ø
un rôle hormonal
On remarque en effet que
certaines hormones sont davantage sécrétées durant le sommeil, en particulier
l’hormone de croissance, synthétisée de manière importante durant le
premier cycle du sommeil.
Ø
un rôle de santé
psychologique, grâce au repos psychique
Ø
n rôle de consolidation de
la mémoire, ce qui n’a pas été prouvé
Ø
un rôle immunologique,
car la guérison serait plus rapide lorsque l’on dort.
2. Organisation de l’alternance du
cycle veille/sommeil
Notre cerveau
est globalement constitué de deux systèmes :
Ø
un système promoteur de le veille, constitué de groupes
neuronaux responsables de l’activité cérébrale, de l’activité physique,
de la fonction « anti-sommeil »,…
Ø
un système promoteur du sommeil, constitué de groupes
neuronaux qui installent le sommeil et organisent la nuit.
On retrouve deux
principaux processus qui régulent les interactions des systèmes de la veille
et du sommeil :
Ø
Un processus circadien,
correspondant à notre horloge interne.
Il décrit une activité sinusoïdale qui oscille sur un
peu plus de 24 heures. Cette donnée a été apportée par Michel SIFFRE, qui
passa plusieurs mois dans une grotte et qui vivait sur 25,3 heures.
Ce processus est soumis à des
influences comme l’alternance jour/nuit.
Il module de nombreuses
fonctions physiologiques : potassium, urine, douleur, cortisone,
hormone de croissance, vigilance,…
Il définit également la
« porte du sommeil », qui apparaît lorsque la vigilance
diminue le soir. Cette heure « d’entrée du sommeil » est plus ou
moins génétique, et dépend aussi du comportement familial pendant
l’enfance.
La vigilance diminue à certains
moments de la journée, propres à chaque individu et c’est le processus
circadien qui va donner ce signal de fatigue. Le message transmis à ces
moments-là n’est pas « maintenant, on va dormir », mais plutôt
« maintenant, ce serait bien de dormir ».
A ceci est associée la matinalité,
définissant le caractère « plutôt du soir » ou « plutôt du
matin ».
Enfin, ce processus est responsable des troubles issus
du décalage horaire.
Ø
un processus homéostasique,
correspondant à notre besoin de sommeil.
Il est lié à l’activité de
la période éveillée. Lorsqu’il y a activité cérébrale, des
neurones du cerveau produisent une petite molécule « déchet » qui
s’accumule tout au long de la journée. Le sommeil, par ce processus, permet
donc d’éliminer ce petit « déchet ».
Mais d’autres éléments
viennent encore jouer sur le cycle veille/sommeil :
Ø
l’environnement : chaud/froid, bruit/silence,…
Ø
la génétique : la porte du sommeil, la matinalité,
le nombre d’heures de sommeil nécessaires,…
Ø
les médicaments : anti-dépresseurs,…
Ø
les toxiques : alcool,…
L’alcool
favorise le sommeil, mais un sommeil de mauvaise qualité.
Ø
des facteurs psychologiques : stress, euphorie,…
Ø
l’alimentation
Ø
l’activité physique
Le sommeil
qui suit n’est pas des meilleurs. Une étude sur des footballeurs a montré
qu’ils ont tendance à mal dormir après un match en soirée.
3. Composition du sommeil nocturne
Le sommeil nocturne est un
état de conscience particulier. Les neurones se reposent en oscillant
seuls ou ensemble, de façon plus ou moins synchronisée. On distingue, selon
les oscillations des neurones, trois sommeils différents :
Ø
le sommeil lent léger :
stade I et stade II du sommeil, où un petit bruit réveille
Ø
le sommeil lent profond :
stade III et stade IV du sommeil, constitué de grandes vagues de dépolarisation
(tous les neurones oscillent ensemble)
Ø
le sommeil paradoxal.
|
Stade I |
Stade
II |
Stades III et IV |
Sommeil Paradoxal |
|
5% du sommeil |
50% du sommeil |
80 à 120 minutes / 24h |
20 à 25% du sommeil |
|
-Très léger -Réveil très facile -Pas d’inertie du
sommeil |
-Léger -Réveil facile -Pas tjrs d’inertie du
sommeil |
-Profond -Réveil difficile -Inertie du sommeil |
-Réveil facile si il
s’agit d’un bruit connu (ex : cri d’un bébé pour une maman) |
|
Sommeil de transition |
Sommeil ciment, « bouche-trou » |
Prédominant en début de
nuit |
Prédomine en fin de nuit |
|
Ralentissement de
l’activité cérébrale. |
|
Augmente dans les nuits de
récupération après une nuit de privation de sommeil. |
Activité cérébrale équivalente
à celle en état de veille. Aucune commande nerveuse
aux muscles (aucun tonus). |
|
-Mouvements oculaires
lents. -Perte de contrôle du
cerveau sur la mobilité oculaire. |
-Sur l’enregistrement
hypnographique, complexes K (grands
creux), annonçant l’arrivée de sommeil
lent profond. |
-Rétablit la perte d’énergie dépensée la
veille. |
-Les neurones ont chacun
leur activité propre. -Le menton est totalement
relâché. -Les mouvements oculaires sont très rapides. |
|
|
-On ne sait pas exactement
à quoi il sert. -Pas le + récupérateur.
-Rôle peut-être dans la mémorisation. |
-Rôle dans la restauration des capacités physiques et
intellectuelles. -Influencé par le processus homéostasique. |
-Rôle dans la gestion psychique du stress et
dans les rêves (cf. Freud). -Très influencé par le processus circadien. |
|
|
Augmente avec la prise de
tranquillisants et de somnifères. |
Augmente avec la prise de
certains anti-dépresseurs. |
Bloqué par les anti dépresseurs. |
Une nuit de
sommeil s’organise en plusieurs cycles
d’environ 90 minutes. Durant les trois premiers quarts du cycle, on rencontre
surtout du sommeil léger et profond. Dans le dernier quart de la nuit, on
rencontre surtout du sommeil paradoxal, présent par grands épisodes de 15, 20,
30 minutes selon chacun.
4. Maladies du sommeil
On connaît de plus en
plus d’anomalies dans cette organisation du sommeil. Trop d’éveil peut par
exemple empêcher le sommeil lent de s’installer, ce qui entraîne des
endormissements diurnes. Lorsqu’une personne s’endort fréquemment durant la
journée, c’est généralement dans deux cas :
Ø
les apnées du sommeil
La personne ne respire plus, le cerveau s’en
inquiète et fait se réveiller la personne pour lui permettre de respirer à
nouveau. Dans ce cas, il y a peu de sommeil profond et peu de sommeil paradoxal.
Ø
le mouvement périodique
des jambes
Les neurones
du cerveau commandant les jambes provoquent des mouvements de jambes, qui font
se réveiller l’individu. Ayant un sommeil de mauvaise qualité, l’individu
s’endort pendant la journée.
La narcolepsie, considérée
comme maladie du sommeil, possède une épidémiologie estimée à 1/2000.
L’ignorance ou la méconnaissance de cette maladie fait que tous les cas ne
sont pas diagnostiqués. Ses symptômes sont :
Ø
une somnolence diurne,
dans tous les cas
Ø
des accès de cataplexie,
dans beaucoup de cas
Ø
des hallucinations, des
paralysies du sommeil, dans certains
cas
Ø
des endormissements en
sommeil paradoxal
Les accès de
sommeil diurnes sont déclenchés par la commande du sommeil paradoxal qui
s’impose sur le système d’éveil. Il y a alors irruption de sommeil
paradoxal pendant la veille, entraînant presque irrémédiablement le sommeil
chez l’individu narcoleptique.
La
narcolepsie est considérée comme une physiopathologie, car on ne
saurait dire avec certitude s’il s’agit de troubles du sommeil ou de
troubles de l’éveil. Plusieurs théories co-existent :
Ø
Un autre sous-cycle du sommeil de 4 heures interviendrait tout au
long de la journée, pour lequel les sujets narcoleptiques seraient plus
sensibles que les autres.
Ø
L’éveil n’arriverait pas à maintenir un effet éveillant
suffisant.
D’autre
part, les neurones à orexines, situés dans l’hypothalamus (au niveau
du cerveau) et près de l’horloge interne (processus circadien), ont été définis
comme étant responsables de l’éveil. L’absence d’orexine dans le liquide
céphalo-rachidien, prélevé par ponction lombaire, permet de supposer que ces
neurones sécréteurs sont absents (ou détruits) chez le patient narcoleptique.
Cet examen clinique qu’est la ponction lombaire revêt deux intérêts :
Ø
un intérêt diagnostique,
qui, en l’absence d’orexine dans le liquide céphalo-rachidien, vient
confirmer avec une quasi-certitude le diagnostic de narcolepsie.
Ø
un intérêt clinique,
car ces échantillons permettent également de faire avancer la recherche
clinique sur la narcolepsie.
L’hypersomnie
idiopathique est quant à elle moins bien définie que la narcolepsie. Il
est difficile d’en donner une définition précise. On peut dire que c’est
une maladie très cousine de la narcolepsie. A ceci près que l’on n’observe
pas de cataplexie associée, que la difficulté de réveil après une nuit ou
une sieste est beaucoup plus importante,… Les patients hypersomniaques sont
sujets à « l’ivresse du sommeil », qui se manifeste par
des troubles du langage, des conduites automatiques, des hallucinations,…
La communauté
médicale se pose encore bien des questions sur cette pathologie. Ne
s’agirait-il pas de grands dormeurs qui ne font pas leur quota de sommeil ?
Y a-t-il des neurones impliqués ?
En
conclusion, le docteur Drouot nous conseille d’avoir une bonne hygiène de sommeil, d’autant plus que nous souffrons déjà
d’une anomalie. Et pour avoir un sommeil le plus récupérateur possible, il
faut éviter au maximum :
Ø
les privations de sommeil
Ø
les excitants le soir
Ø
l’alcool
Ø
la nourriture trop lourde.
Le docteur invite chacun à observer son rythme de sommeil, pour définir :
-quand surviennent les accès de
sommeil diurnes
-le nombre d’heures de sommeil
nécessaires par nuit
-la porte du sommeil,...
Enfin, pour ceux qui connaissent
à peu près leur rythme de sommeil, il rappelle que s’organiser des siestes
préventives durant la journée est très bénéfique sur la qualité de
l’éveil, à condition que celles-ci soient courtes, de 15 à 30 minutes
maximum.
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Suite à cette présentation fort intéressante et instructive, il y eu
une série de questions adressées au docteur Drouot, auxquelles il a
aimablement répondu.
1. Quelle est la différence
entre la maladie de Gélineau et la narcolepsie ?
Aucune, les deux termes désignent
la même maladie. Gélineau a été le premier médecin à décrire les symptômes
de la narcolepsie.
2. Réalise-t-on une
ponction lombaire pour doser l’orexine dans les cas d’hypersomnie ?
Ca commence seulement.
3. Ne pourrait-on pas
administrer directement de l’orexine aux patients narcoleptiques ?
L’orexine étant un petit
peptide, on ne sait pas encore comment l’administrer pour qu’il atteigne les
cellules cibles.
4. La question
comparait la narcolepsie humaine et celle du chien.
Chez le chien, ce sont les récepteurs
de l’orexine qui sont défaillants. Alors que chez l’Homme, ce sont les
neurones qui sécrètent l’orexine qui sont défaillants. Ce ne sont donc à
priori pas la même narcolepsie.
5. Quand un patient se
fait diagnostiquer, à quoi sert le typage HLA ?
Les gènes HLA interviennent
dans le système immunitaire de l’individu. Ils indiquent aux globules blancs
ce qu’ils doivent reconnaître comme étant à nous, et ce qui nous est étranger.
On sait qu’un gène au moins
(HLA-DR2) est impliqué dans la narcolepsie, mais on ne sait pas trop pourquoi.
Ce sont des études d’hérédité qui ont montré qu’un gène revenait de façon
récurrente dans les familles de narcoleptiques. Plusieurs hypothèses génétiques
en découlent :
Ø
La narcolepsie est due à l’expression de ce gène.
Ø
La présence d’un petit gène situé à côté de ce gène déclenche
la maladie.
Ø
La protéine produite par ce gène détruit les neurones à
orexine alors qu’elle ne le devrait pas, puisqu’il s’agit de soi.
6. Les narcoleptiques
sont-ils immunodéprimés ?
Non, les patients narcoleptiques
ne sont pas plus grippés, ou sensibles aux virus que les autres.
7. Est-ce du sommeil
paradoxal qui enlève la commande musculaire dans les accès de cataplexie ?
oui. Le sommeil paradoxal est défini
par une absence totale de tonus musculaire, et les accès de cataplexie sont dus
à une perte de tonus musculaire, plus ou moins complète.
Les anti-dépresseurs bloquent
ces deux phénomènes. Ils diminuent de manière conséquente le sommeil
paradoxal et les accès de cataplexie.
8. Comment se fait-il
que les cataplexies ne soient pas toujours présentes chez un narcoleptique ?
La cataplexie n’accompagne pas
nécessairement la narcolepsie. On ne sait pas trop pourquoi la cataplexie est
absente ou présente qu’à certains moments de la vie du narcoleptique. La
cataplexie, ainsi que les hallucinations et les paralysies du sommeil, peuvent
arriver plus tard après le diagnostic, peuvent disparaître et réapparaître
au cours de la vie du narcoleptique. On suppose que ces variations sont dues à
des facteurs environnementaux ou psychologiques…
9. Y a-t-il une évolution
dans le temps de la maladie ?
En général, les personnes
narcoleptiques vivent mieux après la retraite, car elles peuvent organiser
leurs journées comme elles le souhaitent et ne subissent plus les contraintes
qu’impose la vie active. On peut d’autre part constater chez certains
individus une amélioration par rapport au sommeil, en suivant une bonne hygiène
de sommeil. L’évolution de la maladie est encore une fois propre à chaque
individu.
10. Quelles sont les thérapeutiques
pour la narcolepsie ?
Seuls les médecins spécialistes
peuvent les déterminer. En général :
Il y a tout d’abord le
MODIODAL, fabriqué par le laboratoire Cephalon. C’est le médicament qui est
le plus efficace et le mieux toléré à l’heure actuelle pour atténuer les
symptômes de la narcolepsie. La posologie dépend du degré de la maladie, mais
en général, elle est de 2 à 6 comprimés par jour. La molécule active du
modafinil ne possède pas de phénomène d’accoutumance pour l’organisme.
Ses quelques effets secondaires, s’ils apparaissent, disparaissent en quelques
jours, voire quelques semaines. (La liste des effets secondaires est disponible
sur simple demande auprès de Gérard FAVIER)°
Dans certains cas, le MODIODAL
n’a que peut d’effet. Les médicaments prescrits sont alors des amphétamines
11. Existe-t-il des cas de guérisons
spontanées ?
Le docteur Drouot n’a jamais
rencontré de tel cas et ne croit pas qu’il en existe. Certains ont guéri,
mais se pose la question si le diagnostic a été bien fait au départ. Il sait
simplement que la maladie régresse jusqu’à une sorte de guérison à partir
de la retraite.
12. Dans le cas des
hypersomniaques, puisque le réveil est très long et très difficile, il vaut
mieux qu’ils évitent les siestes ?
Non, si les siestes sont
courtes, cela leur est recommandé.
13. Pourtant, dormir, même
15 heures par nuit de façon régulière, ne permet pas aux hypersomniaques de récupérer
et d’être plus actif…
L’activité ne dépend pas
dans ce cas du nombre d’heures qui sont dormies, mais du moment auquel se fait
le réveil.
14. Existe-t-il des études
de stimulation par électrode ? (en faisant référence aux études réalisées
sur la maladie de Parkinson, et pour laquelle on sait arrêter les tremblements
par un système d’électrode implantée dans le cerveau)
Il ne semble pas que de telles
études pour la narcolepsie soient menées à l’heure actuelle. Le principal
problème dans le cas de la narcolepsie, serait de savoir où placer l’électrode,
et même si on savait où, c’est très petit, et donc très risqué.
15. A quoi sont dues les
paralysies du sommeil et les hallucinations, et comment peut-on les faire
disparaître ?
Les paralysies du sommeil à
l’endormissement sont dues au sommeil paradoxal qui arrive un peu trop vite.
Les hallucinations sont également dues à des apparitions incongrues de sommeil
paradoxal. Elles sont parfois contrôlées par la prise d’anti-dépresseurs,
mais leur efficacité étant moyenne, elles ne sont souvent que diminuées dans
leur fréquence et leur durée.
16. Qu’en est-il des
cataplexies ?
Les cataplexies sont très
polymorphes. La chute de tonus musculaire peut être localisé (jambes, cou,
bras,…) ou alors générale (corps entier). Il est dans ce cas difficile de
différencier une crise de cataplexie avec un évanouissement ou certaines
crises d’épilepsie. La prise d’anti-dépresseurs permet de limiter le
nombre et la gravité des chutes de cataplexie. Il est rare que cela permette de
les faire disparaître totalement. Quand ces chutes sont très fréquentes, ça
permet de les diminuer, ce qui soulage déjà énormément le patient qui en
souffre.
Par contre, la question se pose
toujours de savoir pourquoi elles sont déclenchées par les émotions…
17. Est-ce que la fréquence
et la gravité des cataplexies sont des signes, chez le patient, d’une forme
plus grave de narcolepsie ?
Non, ces symptômes sont indépendants
de la gravité de la narcolepsie.
18. Que pensez-vous des
traitements au CAPTAGON ou à la RITALINE, et globalement aux amphétamines ?
Ils ne sont nécessaires que
lorsque l’essai de traitement au MODIODAL s’est révélé inefficace. Le
problème de ces médicaments est qu’au bout de 3, 4, 5 ou 6 semaines, il faut
déjà augmenter leur dose car l’organisme s’y est habitué. S’il arrive
au patient de partir une journée ou en vacances en oubliant ses médicaments,
il se retrouve dans un état de manque. Essayer d’associer à un de ces médicaments
le MODIODAL par exemple. Il est conseillé alors de prendre les amphétamines en
semaine et de couper avec le Modiodal le week-end. Seul le médecin spécialiste
peut conseiller une situation identique à son patient selon son état, son
dossier…)
19. Peut-on corriger un retard de phase ?
Oui. Le retard de phase correspond à un décalage de
l’horloge circadienne. On remarque que quand la personne fait son sommeil
quand elle le veut, par exemple de 4 à 11 heures du matin, elle ne souffre en général
plus de fatigue ou d’endormissements pendant la « journée ».
Seulement, cette façon de vivre est peu adaptée aux exigences de la vie active
normale.
20. Est-ce que les anti-dépresseurs ne bloquent pas
trop le sommeil paradoxal ?
Non, c’est pour ça que l’on
ordonne seulement de petites doses d’anti-dépresseurs. Ces médicaments ont
pour effet de bloquer la commande d’arrêt de tonus musculaire, ceci afin d’éviter
la plupart des paralysies et cataplexies. Dans la dépression, les personnes
atteintes font également beaucoup de sommeil paradoxal la nuit, mais elles
n’en font pas durant la journée.
D’autre part, il faut faire
attention à ne pas arrêter les anti-dépresseurs, pris régulièrement depuis
un certain temps, de manière trop brusque. En effet, on observe dans ce cas un
retour important des chutes de cataplexies et des paralysies du sommeil, qui
peuvent être plus fréquentes et plus fortes qu’avant.
21. Peut-on avoir des
hallucinations psychiatriques ou kinesthésiques ?
Les hallucinations
psychiatriques sont surtout auditives. Les personnes qui en souffrent entendent
des voix, qui durent assez longtemps, et qui leur donnent des conseils, des
choses à faire… Elles n’ont rien à voir avec la narcolepsie.
Les hallucinations hypnagogiques
sont propres à la narcolepsie.
Les hallucinations kinesthésiques,
qui se manifestent par une forte impression de détachement des membres, peuvent
être observées à la fois pour la narcolepsie et la psychiatrie.
22. Les hallucinations
sont-elles favorisées par des problèmes psychiatriques ?
Absolument pas, mais les
hallucinations peuvent par contre engendrer des problèmes psychiatriques !
23. Quelle est la différence
entre hallucination et hallucinose ?
L’hallucinose est le syndrome
de beaucoup d’hallucinations psychiatriques, récidivantes et récurrentes.
Elle apparaît après des maladies neurologiques particulières. Elle se traduit
par des scènes complexes, surtout visuelles. Elles sont généralement peu
angoissantes et apparaissent surtout en début de nuit.
L’hallucination apparaît généralement
plus au cours du sommeil.
24. Est-ce que le sommeil
paradoxal fatigue ?
Non.
25. Est-ce que la
narcolepsie/cataplexie et l’hypersomnie peuvent être accompagnées de TOC
(Troubles Obsessionnels Compulsifs), ou de préoccupations fixes ?
Non, on observe rarement la présence
de TOC en même temps que la narcolepsie ou l’hypersomnie. Il se peut qu’une
personne présente les deux pathologies en même temps, mais elles ne sont pas
directement liées.
Cet épisode de
questions/réponses terminé, Gérard ne manqua pas de remercier vivement le
docteur DROUOT pour son excellente présentation, particulièrement compréhensible,
et pour avoir aimablement répondu à nos questions. Il continua par la présentation
des dernières nouveautés concernant l’ANC.
Ø
Assemblée
Générale
La prochaine assemblée générale
de l’ANC aura lieu à Strasbourg,
le samedi 17 mai 2003. Le lieu exact
à Strasbourg n’est pas encore fixé définitivement, mais ce sera
certainement dans les locaux de l’ancienne douane. L’adresse exacte du lieu
définitif sera disponible sur le site de l’ANC très bientôt. A ce propos,
pour ceux qui souhaitent y participer (et qui sont assez proches de Paris…),
un bus pourrait être prévu pour réaliser l’aller-retour Paris-Strasbourg.
Ceci rendrait le voyage moins cher qu’en train, avion ou voiture, et surtout
très convivial. Pour cela, il faut que les personnes intéressées soient
suffisamment nombreuses et qu’elles se manifestent auprès de Gérard FAVIER.
Le programme de la journée du 17 mai est disponible sur le site internet de
l’ANC.
Ø
Week-end
Jeunes 2003
Le week-end Jeunes se déroulera
cette année à Dullin (Savoie) du lundi
7 juillet matin au vendredi 11 juillet après-midi. Il y a possibilité de
loger sur place le dimanche soir (06/07/03) et le vendredi soir (11/07/03). Le
coût de ces 5 jours d’élève à 100€. Si toutefois certaines
personnes désiraient y venir, et devaient y renoncer pour une question financière,
il y a possibilité de s’arranger avec l’ANC. Les frais de transports pour
se rendre à Dullin, et en revenir, sont remboursés par l’ANC pour les adhérents
qui y participent pour la première fois. Un membre de l’ANC résidant sur
place a organisé de nombreuses activités pour faire découvrir la beauté et
les loisirs de sa région. Des activités plus studieuses concernant l’ANC
sont également au programme. En 2002, les sujets de travail abordés lors du
week-end jeunes étaient :
-Comment améliorer la communication de
l’association ?
-Comment améliorer le site internet de l’ANC ?
Au Conseil d’Administration ayant eu lieu le samedi 5
avril 2003, il a été suggéré de prévoir les 2 premiers jours du week-end
jeunes (lundi 7 et mardi 8) pour les anciens uniquement, afin de réfléchir à
comment accueillir de manière agréable et chaleureuse les nouveaux adhérents,
leur donner envie de s’impliquer au sein de l’association,… Et les 3
derniers jours seraient passés tous ensemble, nouveaux et anciens. Mais ceci
n’a absolument pas été déterminé clairement. Pour l’instant, et jusqu’à
nouvel ordre, ça reste 5 jours pour tous.
Encore un mot sur l’âge des
participants. Si, certes, cette semaine est au départ pensée pour les jeunes
de 15 à 30 ans, tous ceux qui se sentent 30 ans dans la tête et le corps sont
invités à franchir cette limite arbitraire !
Ø
Prochaine
réunion
La prochaine réunion des adhérents
de l’ANC Paris Ile-de-France (et de ceux partout en France qui souhaitent se déplacer
pour y participer) aura lieu le vendredi 23 mai 2003, de 18h
à 20h30, à l’hôpital de La Pitié
Salpetrière à Paris. Le docteur
ARNULF, neurologue au laboratoire de diagnostic des troubles du sommeil de La
Pitié Salpetrière, interviendra ce jour-là sur le thème :
« Narcolepsie, cataplexie et hypersomnie face au comportement
alimentaire ; les nouveaux médicaments ».
Ø
Cap
ANC
L’association a désormais
franchi un cap important concernant sa communication, puisqu’elle a, au
travers de la présence du docteur DROUOT aujourd’hui, su convaincre les médecins
qu’elle ne soignait pas à leur place, mais permettait à de nombreux malades
de bénéficier d’un lieu où ils peuvent s’informer, parler et trouver un
partage d’expériences compréhensif.
Les médecins font de plus en
plus confiance à l’ANC et y envoient de plus en plus de patients, et même de
personnes en attente de diagnostic. S’ils lisent ce compte-rendu, nous les en
remercions.
L’ANC souhaite cependant
pouvoir communiquer encore plus largement, en s’adressant aux pharmaciens, aux
médecins généralistes,… L’organisation et le contenu sont encore à
faire, mais l’idée serait de prendre une ville ou un quartier, et de demander
quelques minutes à chaque généraliste, de la ville ou du quartier, pour lui
faire connaître nos maladies (narcolepsie, cataplexie, hypersomnie). En effet,
si tous les médecins généralistes pensaient à soupçonner de telles
maladies, plutôt que systématiquement des dépressions et autres maux, bien
des malades seraient soignés plus tôt.
Ø
Journée
en forêt
Une journée de marche en forêt
est en préparation pour le mois de juin
2003. Elle se déroulera peut-être entre Chantilly et Orry-la-ville, dans
le Val d’Oise. Cependant, toutes les suggestions et bons coins connus sont les
bienvenus !
Ø
Jumelage
d’antennes locales
Il pourrait être intéressant
d’organiser des jumelages entre antennes locales de même taille.
Par exemple :
-une fois, les Parisiens, qui le souhaitent et qui le peuvent, reçoivent
pendant un week-end ou quelques jours des adhérents de la Région Rhône-Alpes
par exemple, leur font visiter Paris et alentours,…
-une autre fois, ce sont les Rhône-Alpins qui accueillent les Parisiens
pour leur faire découvrir leur région en échange.
Ce système permettrait de
rencontrer des malades et adhérents d’autres régions, de voir comment ils
vivent leur maladie, comment s’organise l’ANC dans leur région,… Cela
permet également de découvrir d’autres régions, de partager nos expériences,…
Ø
Jumelage
pour les enfants
D’autre part, pour les enfants
malades ou non, il pourrait être sympa d’organiser un échange pendant les
grandes vacances, grâce auquel des parents confieraient durant 1 ou 2 semaines
leur enfant à une famille ayant un enfant du même âge, puis recevraient chez
eux (ou chez les grand-parents…) l’enfant de la famille qui a reçu le leur.
Ceci peut permettre aux enfants de discuter de leur maladie, ou d’apprendre à
accepter une différence d’énergie…, et permet également de rassurer les
parents, sachant que la famille « d’accueil » connaît également
la maladie de l’enfant.
Enfin, Gérard conclut
cette réunion riche d’informations en nous rappelant que l’association est
ouverte aux projets visant à faire se rencontrer les adhérents hors des réunions,
comme la journée en forêt par exemple, ainsi qu’à tout type de nouveau
projet, car toutes les idées émises sont écoutées attentivement et estimées
justement.