Les FAQs
(Questions les plus fréquentes)
De la Narcolepsie-Cataplexie en général
« Est-ce un handicap ou une différence ? »
La notion de handicap est très difficile à accepter,
à cause du risque d'exclusion. Pourtant reconnaître ce handicap
est le premier pas pour le prendre en charge et organiser sa vie en conséquence.
Reconnaître son handicap, c'est se donner les moyens de vivre à
nouveau normalement. Qu'est-ce qu'un quart d'heure de repos, même
plusieurs fois par jour, sinon une assurance de mieux vivre ? C'est une
perte de temps bien légère par rapport aux heures perdues
par ailleurs dans les transports.
Quant à la reconnaissance publique du handicap, elle est
plus délicate à dégager ; elle passe par l'évaluation
du degré de gravité de la maladie. Le risque de cataplexie
pose plus de problèmes que la somnolence elle-même, car la
cataplexie est plus difficile à soigner et la sieste n'a pas ou
peu d'effet à son égard. Le risque de cataplexie, qui est
sévère, doit être pris en compte dans le choix d'un
métier et les actes de la vie quotidienne.
« Est-ce que le déclenchement de la narcolepsie-cataplexie
est psychosomatique ? »
Il semble que dans 50% des cas environ, le déclenchement de
la maladie se produise simultanément ou peu de temps après
un événement traumatisant (physique ou psychologique) sans
que cet élément soit lui-même facteur explicatif. Pour
les autres, il ne semble pas y avoir de circonstances déterminantes
explicites.
« La puberté peut-elle avoir une influence sur l'évolution
de la narcolepsie-cataplexie ? »
La maladie peut se manifester à l'occasion de la puberté.
L'adolescence est une période de fragilité, en particulier
au niveau du sommeil qui subit une modification de son organisation interne.
C'est une période naturelle de plus grande somnolence contrairement
à la période précédente (6-12 ans) où
les enfants sont très réveillés dans la journée.
« La narcolepsie-cataplexie peut-elle évoluer avec l'âge
? »
De façon très générale, les patients
actuellement vivent le plus souvent toute une vie avec la maladie : celle-ci
atteint sa maturité vers 40-50 ans, âge à partir duquel
elle n'empire plus, son évolution se traduisant au contraire assez
souvent par une légère amélioration. Sur une population
de 70 malades à Montpellier :
-
les excès de somnolence diurne n'ont disparu chez aucun,
-
en revanche, les crises de cataplexie ont disparu chez 11 d'entre eux (24%)
-
de même, les hallucination
hypnagogiques ont disparu chez 17 d'entre eux (39%)
-
ainsi que les paralysies
du sommeil chez 11 de ceux qui avaient déclarés souffrir
de ce symptôme, soit 35% d'entre eux.
De l'hygiène de vie et des traitements
« Existe-t-il des médicaments ? Quels sont les traitements
les plus efficaces ? »
Il existe plusieurs traitements
thérapeutiques possibles, qui dépendent :
-
du degré de gravité de la maladie,
-
du temps de diagnostic,
-
de l'âge du patient,
-
de l'importance de la cataplexie,
-
de l'appréciation du médecin.
Il semble toutefois, à l'heure actuelle, que pour les narcolepsies
moyennes, les siestes, la régularité des temps de sommeil
et 2 à 4 comprimés de Modiodal® par jour soient le traitement
le plus efficace pour le plus grand nombre. Pour la cataplexie, c'est 1
comprimé d'Anafranil® 10, le matin.
« Que faire en cas d'accès de cataplexie ? «
En principe, il n'y a rien à faire, sinon attendre que la
situation redevienne normale, et tenter de maîtriser l'émotion
qui en est la cause. Bien sûr, si c'est une chute complète,
ne pas laisser la personne dans une position dangereuse (le nez dans l'eau,
au bord d'un précipice, sur la route, etc.), mais c'est du bon sens.
Quand on se connaît, on arrive à déterminer les réactions
émotionnelles qui provoquent les crises, mais ce n'est pas toujours
possible surtout pour les affections très sévères
où tout ou presque peut déclencher une chute. Avertir l'entourage
de ne pas paniquer ; à l'extérieur, vous pouvez porter une
carte sur vous expliquant votre maladie pour éviter une hospitalisation
intempestive en cas de chute dans la rue.
« Quelle aide peut recevoir le narcoleptique au moment du diagnostic
? »
Une prise en charge psychothérapeutique est vivement recommandée
pour évaluer les problèmes posés ainsi que le mode
de réaction et parvenir à s'assumer sans dommages et surmonter
le désarroi qu'une telle découverte peut entraîner.
Refuser la réalité n'est jamais une solution viable durablement
et il est indispensable de vaincre la résistance habituelle à
une telle démarche. Plus vite on le fait, plus vite on se reconstruit
une vie acceptable sans avoir à traîner derrière soi,
pendant des années, les casseroles de l'échec, de l'incompréhension
et de la frustration.
« Peut-on nourrir un espoir de guérison ? »
Actuellement, très peu, mais la recherche dans la connaissance
de la maladie et les médicaments (Modiodal®) fait des progrès
qui s'accélèrent grâce à une mise en commun
des travaux au plan international. Pour l'avenir, on peut être optimiste.
« L'Association peut-elle communiquer le nom et l'adresse de personnes
atteintes de narcolepsie-cataplexie, notamment proches géographiquement,
pour les contacter ? »
Oui, bien sûr. Nous le faisons d'ailleurs souvent spontanément,
lorsque c'est possible. Cela est d'autant plus facile que vous nous donnez
quelques précisions : âge, profession, symptômes, et
nous nous efforcerons de prévenir les intéressés.
Ces contacts bilatéraux complètent très utilement
les rassemblements qu'organise l'ANC. Par ailleurs, nous mettons en place,
depuis 2 ans, un réseau de délégations
régionales et de correspondants locaux, pour répondre
plus rapidement et plus efficacement à vos attentes.
« L'ANC peut-elle indiquer le nom d'hôpitaux, centres du sommeil,
ou médecins spécialisés ? «
Oui, bien sûr. Nous tenons à jour une liste que nous complétons
en permanence. Les échos que nous avons par les patients et les
informations ou contacts directs, d'une part, et les précisions
des demandeurs d'autre part, nous permettent de fournir les réponses
les plus adaptées : proximité, spécialité (enfants,
adultes, etc), etc. Une base de données, consultable sur ce site,
devrait bientôt voir le jour.
De la vie scolaire et professionnelle
« Comment faire aménager les horaires et les temps de siestes
en milieu scolaire ? »
La seule réponse pour le moment passe par l'information et l'explication.
Il faut particulièrement insister sur le fait que l'efficacité
du travail redevient normale après un court repos. Le dialogue avec
l'enseignant suffit très souvent. Vous pouvez également contacter
les services de la santé scolaire de l'enfant, ou du jeune. L'Association
a réalisé une plaquette d'information à l'attention
des enseignants, et s'efforce depuis plusieurs années de la diffuser
le plus largement possible, avec l'aide de la médecine préventive
et de la médecine scolaire. N'hésitez pas à faire
appel a nous pour vous fournir tous les documents dont vous aurez besoin,
et vous aider dans vos démarches auprès de différents
interlocuteurs. Par ailleurs, les narcoleptiques qui le souhaitent, peuvent
bénéficier du tiers
temps supplémentaire pour passer leurs examens (scolaires, universitaires,
administratifs, etc.).
« Les enfants peuvent-ils avoir une scolarité normale ? »
A quotient intellectuel (QI) égal, ils peuvent réussir
dans leurs études aussi bien que les autres. La narcolepsie-cataplexie
n'atteint en aucun cas les capacités intellectuelles. Tout dépend
ensuite du degré d'atteinte de la maladie.
« Vers quels types de métiers nos enfants peuvent-ils se tourner
? »
Il est prévu de mener une étude à ce sujet.
A priori, peu de métiers sont systématiquement à déconseiller.
Pour beaucoup, tout dépendra des aménagements d'horaires
et des conditions de travail possibles.